Visite de l’éco quartier d’Augustenborg à Malmö

Rédigé par Julie Noppe | le 17/12/2009 | à 15:27 | Réagir ! | vu 1 211 fois

Nous quittons aujourd’hui la capitale danoise pour une échappée à Malmö, ville suédoise qui fait face à Copenhague, sur l’île de Sjælland. Depuis 10 ans, un pont enjambe le détroit de l’Øresund pour relier les deux villes. C’est d’ailleurs le pont à double tablier le plus long au monde, accessible en train et en voiture. Ce pont dans la mer est entouré par un incroyable champ d’éoliennes off shore en forme d’étoiles. Ces infra structures introduisent tout à fait les ambitions  de Malmö, ville en plein essor sur les clean technologies.

Direction Augustenbord, un eco-district, parmi l’un des tous premiers aménagements urbains durables en Suède.

malmoPour différentes raisons, dont sa situation géographique, Malmö est devenue au fil des ans la ville la plus cosmopolite de Suède, dont un tiers de ses habitants étant des immigrés de première ou deuxième génération. Les logements du quartier d’Augustenborg, livrés en 1948/52 étaient à la pointe du confort pour la classe ouvrière. Mais avec le temps, l’ensemble s’est dégradé. Il y a une dizaine d’année, la ville s’est fixée pour objectif de recréer un environnement attractif afin d’améliorer l’image du quartier, à travers différentes actions capables d’avoir des retombées sur la biodiversité, et en même temps de résoudre les problèmes d’écoulement des eaux pluviales et d’inondation. Mais comment impliquer et sensibiliser ses habitants à leur environnement alors que l’avenir leur paraît incertain ? ». Hé bien, la ville de Malmö a agi par petites touches successives, et efficaces, en misant plus sur l’implication des habitants que sur la réhabilitation des bâtiments.  Résultats, des aménagements malins et pleins de bon sens pour améliorer la gestion de l’eau et diminuer les consommations d’énergie, un « hôtel à lapins » pour l’éducation à l’environnement des enfants, un poste de médiateur créé et dédié à l’éco-citoyenneté… Surtout, une population désormais fière d’être restée dans un quartier redevenu attractif et que l’on peut à nouveau traverser en sécurité, et qui vit à Augustenborg, non plus par nécessité, mais par choix. Il paraît qu’il y aurait deux ans d’attente pour obtenir un logement dans le quartier !

Notre guide nous explique que le processus de concertation a ré impliqué les habitants du quartier à la participation de la politique locale et qu’au bout de 4 années 80 % des habitants participaient au réunion de conseil du quartier. Le coût global de la rénovation est revenu à environ 20 millions d’euros. Caroline Lucats, directrice de l’habitat à la ville de Lille, fait rapidement le calcul : « ça représente 20 000 euros par logement ! C’est peu et très efficace ». Ari Brodach, directeur du développement durable de la ville de Lille,  rajoute «  : le développement durable, souvent assimilé à un surcoût, se révèle ici une démarche économique rentable, à l’impact social très fort, qui mise sur l’évolution des modes de vie pour améliorer le bien être et le vivre ensemble. N’est-ce pas ce que l’on attend des opérations de rénovation urbaine ? ».

L’expérience Augustenborg  évite  ainsi la dichotomie classique en comparaison à l’autre eco-district de Malmö, Bo01/Western Harbour: plutôt que de construire des habitations de haute qualité environnementale avec les innovations de dernières technologies, elle a réussi à fournir des logements abordables, économes en énergie, aux populations les moins nanties. Une exemplarité à suivre pour la transition des quartiers lillois ? Découvrez dans la pastille sonore, les réactions à chaud des lillois  concernant les baraques de tri sélectif…On a encore un peu de chemin à faire en France !

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