L’agro-écologie pour nourrir le monde
Une voie utile et alternative intéressante existe : l’agro-écologie permet de marier respect intégral du monde vivant et production agricole à bons rendements. Cela revient à produire une alimentation saine dans un respect du monde vivant sans utilisation de produits chimiques de synthèse issus du pétrole.
Un contexte mondial difficile
En France, toutes les 20 minutes, un site agricole disparaît. Avec 25% de ses besoins alimentaires en protéines végétales, l’Europe a besoin de trouver une plus grande souveraineté dans ses besoins agricoles. Aujourd’hui, plus de 90% des surfaces agricoles du monde occidental utilisent massivement des pesticides et insecticides toxiques issus du pétrole et 700 tonnes de terres fertiles disparaissent chaque seconde. Dans ce contexte, l’Europe tend à devenir totalement dépendante de son commerce extérieur et du pétrole pour les 75% restants de ses produits végétaux.
La place des loisirs et des transports individuels prend parfois le pas sur les besoins essentiels. Les ménages occidentaux dépensent 18% de leur budget dans leur alimentation, contre plus de 35% auparavant. Avec près d’un milliard de personnes qui souffrent de la faim, et un quart de la nourriture mondiale jetée sans être consommée, l’occident peut raisonnablement proposer un développement humain et une plus large autonomie alimentaire.
Les droits et biens vitaux dérobés
Malgré des ressources abondantes sur Terre, et des savoirs et savoir-faire humains très performants, les besoins vitaux ne sont pas toujours satisfaits. Concrètement, la nourriture, l’eau potable et les soins ne sont pas rendus accessibles aux populations les plus fragiles. Les besoins vitaux sont un droit légitime et essentiel à toute existence, dans le respect le plus profond de l’être humain. A chaque seconde, de plus en plus d’êtres humains se voient cette légitimité confisquée. Les raisons en sont simples : un total excès d’idéologies contemporaines.
En cause : le pillage, l’accaparement et la propriété volée, les violences militaire et économique, la dilapidation, les pollutions sont devenus une norme, un style de vie forcé.
La solidarité pour regagner des ressources vitales
Les ressources vitales doivent être restaurées pour chaque être humain sur Terre. Il appartient à chaque être humain sur le terrain et dans ses démarches personnelles -au Nord comme au Sud- de mobiliser l’ensemble de ses compétences et de ses contacts pour contribuer à restaurer une légitimité et un accès à nos ressources vitales.
Selon les spécialistes européens et africains ès agro-écologie, on pourra citer en tête de liste Pierre Rabhi, l’agro-écologie peut être une réponse rationnelle aux questions de solidarités internationales. Les bases fondatrices de l’agro-écologie sont indispensables à toute société équilibrée et soutenable :
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une démarche éthique,
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une pratique agricole vers l’autonomie alimentaire des populations,
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la sauvegarde du vivant et de la terre, source de nourriture.
Là où l’agro-écologie agit, il y a des sources soutenables de solidarité et de développement au niveau international.
Reconnecter l’humanité et l’humus pour une Terre humble et généreuse
L’environnement occidental est fortement urbanisé, bétonné, goudronné, et chargé de produits dérivés du pétrole. Cet univers hors sol stérilise la place du végétal, essentielle dans le cycle de la vie. Face à ce mode d’existence, il importe de travailler en toute humilité à une réunion cohérente de l’espèce humaine en faveur du vivant dans notre quotidien. La terre est seule garante de vie et de survie, c’est pourquoi il est important que l’Homme puisse trouver la voie qui le guide vers une reconnexion certaine avec la terre. A ce titre, l’agro-écologie replace l’humus au coeur des pratiques agricoles, notamment par l’utilisation naturelle des matières organiques compostées. Avec cette démarche d’amendements, la terre redevient généreuse et source d’une alimentation durable.
En ce sens, il apparaît évident de réinsérer le végétal dans le tissu urbain, et d’imaginer une société du 21ème siècle où agriculture et urbanisme vont de paire. Ainsi la ville de Curitiba au Brésil remodèle depuis 30 ans son urbanisme et son mode de vie locale. Une très large place est laissée aux transports légers et aux plantes, pour une meilleure qualité de vie de ses citoyens.
Agroécologie : des moyens pour atteindre des objectifs durables
L’agroécologie associe le développement agricole et la protection de l’environnement. Elle fait évoluer l’agriculture quantitative que l’occident connait depuis 50 ans vers une agriculture plus qualitative, qui permet de renouveler objectifs et moyens. Cette agriculture respecte donc les écosystèmes et inclut les aspects économiques, sociaux et politiques de la vie humaine. Il s’agit d’une approche globale basée sur la reconnaissance des savoirs et savoir-faire paysans, au-delà des simples dimensions techniques de la paysannerie.
Ses moyens d’action sont riches :
- Un travail du sol qui respecte sa structure, son ordre naturel et le fonctionnement des micro-organismes dans les couches de terre,
- Une fertilisation à l’aide d’engrais naturels et de compostage, accessible aux paysans disposant de ressources financières limitées,
- Des traitements phytosanitaires naturels et biodégradables,
- Une sélection de variétés végétales adaptées aux terres cultivées, des espèces locales reproductibles localement qui permettent une véritable autonomie,
- Une irrigation meilleure par une compréhension de l’équilibre terre/eau,
- Une source d’énergie qui ne nie pas le progrès et qui s’ajuste aux réalités, de préférence mécanique ou animale pour éviter le gaspillage et les équipements coûteux,
- Des aménagements locaux pour lutter contre l’érosion de la terre et utiliser les eaux de pluie -petites digues, micro-barrages, canaux et fossés- et ainsi recharger les nappes phréatiques,
- Des haies vives pour la protection des terres cultivées contre les vents forts et pour proposer des lieux de vie aux petits animaux (oiseaux, rongeurs, insectes),
- Un reboisement des terres non utilisées pour produire à la fois des sources de combustibles, une thérapeutique naturelle, un art et un artisanat, une nourriture humaine et animale saines, et la régénération des sols,
- Une conservation et des formations en savoir-faire traditionnels,
- Une gestion économique orientée sur la conservation écologique et biodiversifiée,
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Un transfert de connaissances et une pédagogie adaptée aux paysans et aux personnels des fermes.

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Très bon article !